député

Occitanie / Aveyron (12) / 3e circ

M. Arnaud Viala

Les Républicains (LR)
Profession rattachée à l'enseignement
Né le 4 décembre 1974 à MILLAU (Aveyron)
Début de mandat : 21/06/2017

Ses interventions

576 éléments
  • 1. Déclaration du Gouvernement sur la fiscalité écologique et ses conséquences sur le pouvoir d’achat, suivie d’un débat et d’un vote (Première séance du mercredi 05 décembre 2018)

    Suspension et reprise de la séance

    C’est avec gravité que je prends la parole à cette tribune. Gravité, disais-je, parce que notre pays vit des heures difficiles, marquées par la présence dans nos ronds-points et sur nos routes de beaucoup de nos concitoyens en colère qui n’avaient jamais manifesté jusqu’alors, et parce que des événements terribles, perpétrés par d’autres, ont abîmé notre capitale, nos villes, parfois nos campagnes, l’image de la France, nos forces de sécurité, notre nation tout entière, nos institutions, notre démocratie, ainsi que nos commerces, notre économie et notre tourisme.

    Je veux aborder la question du pouvoir d’achat des Français en vous faisant certes des critiques, mais aussi des propositions, monsieur le Premier ministre.

    Votre trajectoire consiste notamment à infliger aux Français une hausse des taxes suffisamment dissuasive, et même punitive, pour qu’ils utilisent d’urgence des énergies propres. Pour vous montrer l’impasse dans laquelle ils se trouvent, je vais citer les cas réels de quelques concitoyens aveyronnais qui se trouvent sur les routes depuis trois semaines.

    Nathalie est salariée, gagne un revenu modeste et a besoin d’utiliser tous les jours, à quatre-vingts kilomètres heure, sa voiture diesel équipée d’un filtre à particules. Le prix de son plein de gazole ne cesse d’augmenter parce que les taxes augmentent. Elle n’a accès ni au métro, ni au tramway, ni au train, ni au bus électrique pour ses déplacements quotidiens, mais c’est son choix que de vivre en dehors d’un grand centre urbain, là où les distances sont telles pour atteindre l’hôpital ou les autres services publics qu’il n’est pas question de voiture électrique, car l’autonomie de ces véhicules est insuffisante et il n’y a pas assez de bornes. Sa maison a quarante ans ; il faudrait faire des travaux pour la rénover, mais vous venez d’exclure le remplacement des fenêtres du crédit d’impôt pour la transition énergétique, le CITE.

  • 1. Déclaration du Gouvernement sur la fiscalité écologique et ses conséquences sur le pouvoir d’achat, suivie d’un débat et d’un vote (Première séance du mercredi 05 décembre 2018)

    Suspension et reprise de la séance

    Vous lui avez annoncé la baisse de sa taxe d’habitation ; or celle-ci est passée de 416 euros en 2017 à 441 euros en 2018  ! Que lui dites-vous ?

    Josy, Michel et des dizaines d’autres sont retraités. Ils ont travaillé toute leur vie et touchent des pensions modestes. Avec l’augmentation de la contribution sociale généralisée – CSG – et la non-indexation de leurs pensions, ils y ont laissé 50 euros, 70 euros par mois... Ils se chauffent au fioul parce qu’il n’y a ni gaz de ville ni réseau de chaleur dans leur village. Vous leur annoncez maintenant qu’ils doivent changer de voiture et de chaudière ! Que doivent-ils acheter, et avec quel argent ? Que leur dites-vous ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.)

  • 1. Déclaration du Gouvernement sur la fiscalité écologique et ses conséquences sur le pouvoir d’achat, suivie d’un débat et d’un vote (Première séance du mercredi 05 décembre 2018)

    Suspension et reprise de la séance

    Richard, Gaby, Marc et tant d’autres sont entrepreneurs de travaux publics. Au 1er janvier 2019, ils n’auront plus accès au gazole non routier.

  • 1. Déclaration du Gouvernement sur la fiscalité écologique et ses conséquences sur le pouvoir d’achat, suivie d’un débat et d’un vote (Première séance du mercredi 05 décembre 2018)

    Suspension et reprise de la séance

    Leurs clients sont des agriculteurs, des particuliers et des collectivités territoriales, tous soumis aux mêmes rigueurs budgétaires. Que doivent-ils faire ? Répercuter la hausse et perdre les marchés ou remplacer camions et pelles mécaniques par des modèles électriques qui n’existent pas ? Que leur dites-vous ?

    Fati, Franck et Florent sont ambulanciers. Vos mesures modifiant le financement des transports sanitaires les ont mis dans la rue. Que leur dites-vous ?

    Grégory, Jérôme et 1 600 autres aveyronnais sont salariés de l’usine Bosch de mon département, spécialisée dans la fabrication d’injecteurs pour les moteurs diesel dernière génération. En raison du « diesel bashing », l’activité décroît, et l’on craint le pire ! Les diesels modernes ne sont pas ce que vous en dites ; ils sont infiniment moins polluants que les moteurs à essence et sont équipés de filtres à particules performants.

  • 1. Déclaration du Gouvernement sur la fiscalité écologique et ses conséquences sur le pouvoir d’achat, suivie d’un débat et d’un vote (Première séance du mercredi 05 décembre 2018)

    Suspension et reprise de la séance

    Cela, vous ne le dites pas et les emplois dans nos territoires en font les frais. Que leur dites-vous ?

    Florence, Marie-Jo, Christine, Delphine, Patrick, David et tant d’autres sont commerçants, artisans ou transporteurs. Ils font tout pour augmenter leur activité et répondre aux commandes, mais ils ne peuvent pas lutter, ni contre les manifestations qui ralentissent l’économie, ni contre le marasme ambiant. Ils pensent que vous auriez pu éviter tout cela en prenant au sérieux, dès les premiers jours, la mobilisation de ces milliers de femmes et d’hommes désabusés. Or vous ne l’avez pas fait. Que leur dites-vous ?

    Je pourrais multiplier ainsi les exemples à l’envi, mais je veux en venir aux propositions que nous formulons.

    D’abord, reporter à six mois la hausse de la fiscalité est une entourloupe : personne ne peut l’accepter. Vous devez l’annuler purement et simplement. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.)

    À moyen terme, en matière de transition écologique – une transition que tout le monde, nous y compris, appelle de ses vœux –, vous devez tenir compte de la diversité des réalités quotidiennes vécues par nos concitoyens. On ne se chauffe pas dans une maison de village comme en appartement. On ne se déplace pas partout de la même manière. On ne développe pas une entreprise en milieu rural comme dans une grande agglomération. Osez enfin la différenciation !

    Nous vous proposons d’engager d’urgence un travail avec les industries automobiles françaises et les équipementiers en vue de trouver les technologies adéquates et de créer une prime à la conversion qui serait modulée en fonction du lieu de résidence et du besoin de chacun et assortie d’un système de prêt à taux zéro.

    Enfin, à long terme, il convient de revaloriser le travail et de réduire vraiment la dépense publique, en disant aux Français où il faut la réduire.