député

Occitanie / Aveyron (12) / 3e circ

M. Arnaud Viala

Les Républicains (LR)
Profession rattachée à l'enseignement
Né le 4 décembre 1974 à MILLAU (Aveyron)
Début de mandat : 21/06/2017

Ses interventions

428 éléments
  • 1. Équilibre dans le secteur agricole et alimentaire (Deuxième séance du mardi 29 mai 2018)

    Discussion des articles - Après l’article 15 bis - Amendement no 1636

    Elle est éminemment politique, et vous le savez. Nous sommes conscients que la loi française – c’est certainement ce que vous avez voulu dire – n’est pas à même de résoudre le problème de la prédation du loup, qui est de niveau européen. En revanche, nous avons besoin que vous soyez présent dans ce débat, monsieur le ministre, et qu’à travers vous la France pèse de tout son poids pour que soit entendue la détresse des éleveurs, qui ne peuvent plus faire face au problème. Aujourd’hui, tous les massifs montagneux et la plupart des territoires sont touchés.

    Ensuite, le plan loup repose sur une évaluation du nombre d’individus présents sur le territoire français qui est contestable et contestée, les éléments de comptage ne nous paraissant pas fiables. Avant toute chose, nous avons besoin d’indicateurs fiables pour décider si oui ou non l’espèce continue d’être en danger, si elle doit être préservée et s’il faut en favoriser l’augmentation.

  • 1. Équilibre dans le secteur agricole et alimentaire (Deuxième séance du mardi 29 mai 2018)

    Discussion des articles - Après l’article 15 bis - Amendement no 1636

    Le plan loup repose aussi sur des préconisations en termes de protection des élevages. Or, sur un certain nombre de territoires, notamment aveyronnais et lozérien, la non-protégeabilité des troupeaux est attestée par des études dont le sérieux ne saurait être mis en cause, puisqu’elles ont été commandées par l’État à l’INRA. Rien que ça !

    Pareilles études vont sans doute se multiplier, puisque le problème de la non-protégeabilité des troupeaux se répand sur le territoire. On ne peut donc pas se satisfaire d’un plan national qui incite les éleveurs à protéger les troupeaux alors même que les pouvoirs publics reconnaissent la non-protégeabilité !

    Troisièmement, et en écho aux amendements qui ont été présentés, tuer un loup n’est pas tuer un lapin ! Sur de grands espaces, prélever un loup, c’est peut-être facile à dire, mais c’est très compliqué à faire. Si l’on reconnaît la nécessité de mieux cerner le nombre d’individus de l’espèce, il va falloir que les États membres de l’Union, donc la France, mettent les moyens nécessaires pour pouvoir prélever ces individus. À défaut, nous en resterons au niveau des paroles et nous ne résoudrons en rien les problèmes que rencontrent les éleveurs.

    Enfin, la détresse des éleveurs est partout. C’est un terme dont il faut mesurer la portée. Elle se rencontre tous les jours. Les attaques se multiplient et, pendant la belle saison, elles seront de plus en plus nombreuses, donc de moins en moins tolérables. Les élus nationaux que nous sommes ne peuvent pas s’abriter derrière le fait que le problème relèverait du niveau réglementaire.

    Voilà ce que je voulais dire, sans aucune volonté polémique.

  • 1. Équilibre dans le secteur agricole et alimentaire (Deuxième séance du mardi 29 mai 2018)

    Discussion des articles - Avant l’article 16 - Amendement no 565

    Défendu.

  • 1. Équilibre dans le secteur agricole et alimentaire (Deuxième séance du mardi 29 mai 2018)

    Discussion des articles - Avant l’article 16 - Amendement no 574

    Défendu.

  • 1. Équilibre dans le secteur agricole et alimentaire (Première séance du lundi 28 mai 2018)

    Discussion des articles - Article 14 (suite)

    S’agissant de l’utilisation des produits phytosanitaires, trois points me semblent importants. Tout d’abord, au cours de l’examen de ce texte, en particulier du titre Ier, dans la partie consacrée à la formation du prix, nous avons dû nous résigner et admettre que le rayon d’action du Parlement était essentiellement national et que les niveaux européen et mondial allaient échapper aux dispositifs que nous votions visant à améliorer la compétitivité de l’agriculture française et la situation économique de nos agriculteurs. Force a été de constater que nous n’avions pas la main sur ces niveaux.

    Nous ne pouvons pas admettre cette réalité d’un côté et vouloir, de l’autre, nous montrer extrêmement précurseurs en matière d’environnement. Il n’y a pas de raison de contraindre l’agriculteur français davantage que l’agriculteur européen, sans quoi nous risquons de faire du titre II le pendant négatif de ce que nous avons essayé de créer dans le titre Ier. N’ajoutons pas des contraintes à des agriculteurs qui recherchent, au contraire, à améliorer leur situation économique. Les deux titres ne seront pas compatibles, si nous n’y adoptons pas la même logique.

    Deuxièmement, s’agissant de l’environnement, des questions se posent effectivement aujourd’hui sur l’utilisation d’un certain nombre de produits, mais également sur des méthodes culturales. Partout en France les agriculteurs mènent cette réflexion. Christian Jacob vient de dire que le labour n’est pas la panacée. Moi-même fils d’agriculteurs, je vis dans une zone très pentue où le labourage intensif, en supprimant au passage quelques haies et clôtures, a érodé la terre de façon dramatique pendant des décennies. On a appauvri les sols, pollué les cours d’eau et provoqué tout un tas de difficultés, qui ont été corrigées justement par la pratique de semis différents, grâce à l’utilisation de certains produits phytosanitaires. Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Réfléchissons à la façon dont l’acclimatation s’est faite, malgré plusieurs contraintes.

    Enfin, dans ce difficile débat, il ne faut pas avoir la prétention, à mon sens, d’éduquer les agriculteurs. Ils sont parfaitement éduqués, parfaitement conscients des risques qui planent sur le recours à certains produits, parfaitement lucides sur leurs pratiques. Ils font un appel à la justice.

    Partout où on les rencontre, eux, leurs fédérations, leurs syndicats ou leurs regroupements, ils nous demandent comment nous pouvons accepter que, aujourd’hui, en 2018, la France interdise des produits alors que ses voisins ne les interdisent pas ; comment, dans une loi qui a vocation à améliorer la protection du consommateur français, nous pouvons tolérer de lui laisser croire qu’il n’aura plus certaines substances dans son assiette alors qu’on sait très bien que ce n’est pas vrai. L’exemple des néonicotinoïdes l’a bien montré : ils ont été interdits aux agriculteurs français, dont les coûts de production ont du coup augmenté ; donc le marché a importé des produits espagnols ou italiens, qui sont traités, moyennant quoi le consommateur français a subi les mêmes nuisances. Nous devons rendre justice aux agriculteurs et répondre à leurs questions dans notre débat.