député

Grand Est / Meuse (55) / 1e circ

M. Bertrand Pancher

Libertés et Territoires (LT)
Directeur du développement
Né le 5 juin 1958 à SAINT-MIHIEL (Meuse)
Début de mandat : 21/06/2017

Ses interventions

634 éléments
  • 2. Urgence face à l’épidémie de Covid-19 (Séance du dimanche 22 mars 2020)

    Discussion générale

    En cette période de crise sanitaire, d’une gravité inédite dans notre histoire récente, l’unité nationale est un impératif. Elle ne doit pas rester un vain mot, mais s’incarner. C’est pourquoi les députés du groupe Libertés et territoires voteront ces lois tout à fait exceptionnelles.

    Nous venons de passer trois jours et deux nuits à débattre dans des conditions jamais connues depuis la guerre d’Algérie, peu nombreux, séparés par des distances de sécurité, mais représentant l’ensemble des courants politiques de notre pays. Nous aurions pu aller plus vite, mais peu importe : l’essentiel est le résultat.  

    Par notre vote, nous nous apprêtons à donner au Gouvernement un important arsenal juridique et financier pour affronter l’urgence. Si nous aurons plus tard à évaluer ce dispositif, l’heure n’est pas au bilan, mais à la mobilisation générale.

    En période de pandémie, la priorité est de contenir le nombre de malades et de décès, y compris par la privation temporaire de nos libertés fondamentales – le droit de nous réunir, de nous déplacer, d’échanger ou d’exercer nos cultes. En mettant en place des mesures tout à fait exceptionnelles, mais non un régime d’exception, en renforçant lourdement les sanctions pour les contrevenants, nous rappelons la priorité des priorités : que chacun reste chez soi.  

    Nous, parlementaires, devons exercer pleinement notre rôle de contrôle, et serons très vigilants, car nous sommes les représentants de nos électeurs, qui nous sollicitent en permanence, et plus encore dans cette période. Nous leur devons transparence et écoute.  

    Ces textes d’urgence mobilisent des moyens financiers considérables pour aider nos entreprises, ne pas sombrer et accompagner les salariés. En effet, la deuxième priorité est que notre économie ne s’écroule pas et que nos concitoyens puissent vivre dignement. Nous devons être au rendez-vous.  

    Cette loi prévoit des dérogations indispensables au droit du travail. Je tiens à saluer, au nom de mes collègues, l’engagement des partenaires sociaux, sans lequel nous ne pourrons pas réussir.

    Je veux aussi saluer celles et ceux qui luttent : les personnels hospitaliers, les soignants, les services de secours. Nous souhaitons que les discussions annoncées cette semaine par le Gouvernement permettent une juste revalorisation de leurs traitements.

    Je veux aussi avoir une pensée pour les malades, pour les familles des victimes, et bien sûr pour l’ensemble de nos concitoyens, que je remercie pour leur engagement.

    J’ai enfin une pensée pour ceux qui continuent à faire vivre notre pays – fonctionnaires, salariés, éboueurs, postiers, caissiers, livreurs et tant d’autres –, en rappelant qu’ils doivent pouvoir bénéficier de moyens pour se protéger. Nous leur rendons un vibrant hommage.

    Cet épisode nous rappelle l’importance de nos services publics, garants de l’intérêt général. On ne peut pas déréguler et en même temps soutenir notre système de soins, nos aînés dépendants, notre système éducatif, l’environnement, et j’en passe. Ce contexte inédit nous contraint, enfin, à une pause dans notre vie démocratique locale, pourtant si essentielle. Les élus locaux sont, eux aussi, en première ligne. Cependant, le processus électoral en cours ne peut se poursuivre. Le compromis trouvé est loin d’être parfait, mais dans les circonstances actuelles, l’urgence est ailleurs.

    Ces moyens, ce cadre exceptionnel, donnent à l’exécutif les armes nécessaires pour agir efficacement. Monsieur le ministre, vous avez, comme l’ensemble du Gouvernement, les moyens d’agir. S’ils ne sont pas suffisants, et si nous y sommes conviés, nous reviendrons dans l’hémicycle. Le Président de la République nous a dit qu’au vu de la situation, tout notre pays devait se mobiliser et que plus rien ne serait comme avant. Nous l’espérons.

    Nous devons agir en faveur d’une vie démocratique enfin apaisée en nous écoutant, en nous respectant et en construisant ensemble. Nous devons conserver cet esprit de rassemblement. Oui, nous avons bien travaillé ensemble ces derniers jours, dans un état d’esprit que je n’avais jamais connu depuis mon arrivée au Parlement il y a dix ans, sauf peut-être lors du Grenelle de l’environnement, qui ne nous avait hélas pas conduits à changer un modèle de société que l’on savait déjà chancelant. Nous devons assurer un développement enfin humain, équilibré et responsable, car cette crise interroge notre modèle économique, nos façons de consommer, cette mondialisation sans contrôle. Demain, si nous ne changeons pas de modèle, la frénésie de la consommation énergétique et des matières premières détruira totalement notre belle planète et notre bien commun, l’humanité.

    Nous surmonterons ensemble cette terrible crise à laquelle nous consacrons des moyens considérables. Nous changeons radicalement, et dans l’urgence, nos modes de vie. Que cette terrible épreuve nous fasse retrouver l’essentiel : la beauté de nos vies, la qualité de nos relations. Qu’elle soit utile pour lutter non seulement contre ce fléau, mais aussi contre tous les autres périls qui nous guettent aujourd’hui et demain. Nous en aurons la capacité si nous savons nous appuyer sur nos valeurs, sur nos institutions et si nous nous faisons confiance. Nous sommes peut-être en train de tracer un nouveau chemin. Vive la République, vive la France ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LT, LR, LaREM, MODEM et UDI-Agir.)

  • 2. Système universel de retraite (Deuxième séance du jeudi 27 février 2020)

    Discussion des articles - Suspension et reprise de la séance - Amendement no 11907

    Je voudrais remercier Vincent Descoeur pour ses interventions. Cela fait une quinzaine d’années que je ne manque aucune assemblée générale des anciens exploitants agricoles. Les réunions ne tournent qu’autour de ces questions – la pension de 1 000 euros réservée aux prochains retraités, le sort des pensionnés actuels, de ceux dont les carrières ont été espacées, des conjoints.

    Je suis persuadé que l’absence de réponses précises pourrait à nouveau provoquer de la colère et de la frustration dans le monde agricole. Je sais bien que l’on ne peut pas tout faire du jour au lendemain, mais ce dossier est important. Je ne suis pas, pour ma part, opposé à l’intégration du régime agricole dans le régime général – ce sera un autre débat pour les autres professions indépendantes. Cette intégration progressive me semble même assez logique, à conditions que nous obtenions des réponses précises à nos questions. Pour l’instant, beaucoup restent en suspens et je me sentirai encore assez mal à l’aise lors de la prochaine assemblée générale de ma fédération des anciens exploitants agricoles.

  • 1. Système universel de retraite (Troisième séance du jeudi 27 février 2020)

    Discussion des articles - Article 6 (suite)

    Monsieur le secrétaire d’État, parmi les agriculteurs que nous évoquions tout à l’heure, on entend dire : « Le système est complexe, nous n’y comprenons rien, nous ne faisons pas confiance ». Quant aux fonctionnaires, ils nous écrivent pour dire, à leur tour : « Le système est complexe, nous n’y comprenons rien, nous ne faisons pas confiance. » (M. Jean Lassalle applaudit.)

  • 1. Système universel de retraite (Troisième séance du jeudi 27 février 2020)

    Discussion des articles - Article 6 (suite)

    Les membres des professions indépendantes et libérales nous disent : « Le système est complexe, nous n’y comprenons rien, nous ne faisons pas confiance. »

  • 1. Système universel de retraite (Troisième séance du jeudi 27 février 2020)

    Discussion des articles - Article 6 (suite)

    Au mois de janvier dernier, j’ai participé à trente-quatre cérémonies des vœux dans mon département. Chacune rassemblait en moyenne entre 80 et 150 personnes. Les citoyens de base me disaient : « Nous n’y comprenons rien, nous ne faisons pas confiance. »

    J’ai alors songé : « Je viens d’un département rural, moi-même je n’y comprends rien non plus. » Mais, lors des vœux du Conseil économique, social et environnemental, les présidents des grandes fédérations professionnelles m’ont dit : « Nous n’y comprenons rien, nous ne faisons pas confiance. »

    Monsieur le secrétaire d’État, je vous pose donc la question suivante : qui – à part, semble-t-il, quelques-uns dans cet hémicycle – comprend réellement quelque chose à votre réforme ?