député

Pays de la Loire / Loire-Atlantique (44) / 1e circ

M. François de Rugy

La République en Marche (LAREM)
Assistant parlementaire
Né le 6 décembre 1973 à NANTES (Loire-Atlantique)
Début de mandat : 21/06/2017 | Fin de mandat : 05/10/2018 (Nomination comme membre du Gouvernement)

Ses interventions

1 453 éléments
  • 2. Débat sur la transition écologique (Deuxième séance du mardi 02 avril 2019)

    Suspension et reprise de la séance

    Je vous laisse la responsabilité de vos jugements, madame Faucillon, sur le caractère anticapitaliste des membres du Gouvernement ; mais après tout, si vous les jugez tels, c’est que vous faites sans doute un pas dans notre direction… (Sourires.)

  • 2. Débat sur la transition écologique (Deuxième séance du mardi 02 avril 2019)

    Suspension et reprise de la séance

    Plus sérieusement, Brune Poirson – puisque c’est d’elle que vous vouliez parler, j’imagine –, ici présente, a effectivement appelé à une transformation du capitalisme et de l’économie, ce à quoi je ne puis que souscrire. Je passe même mes journées à le dire ! « Décarboner » l’économie, selon la formule consacrée, cela veut dire la transformer en profondeur, à travers des objectifs assignés à l’industrie.

    Quant à ce que vous dites sur Bayer-Monsanto, c’est quand même un peu fort de café ! La France est le seul pays d’Europe à s’engager dans la sortie du glyphosate, et ce en trois ans ! M. Herth, d’ailleurs, trouvait que nous allions trop vite et trop loin en ce domaine. Aucun pays d’Europe n’envisage une telle mesure, même en cinq ans ! Si nous servions les intérêts de Bayer-Monsanto, nous ne nous engagerions assurément pas dans cette voie – puisque, comme vous le savez, c’est cette société qui produit le glyphosate.

    Quant à l’accompagnement, le Gouvernement a proposé des dispositifs ciblés, sur le remplacement des voitures ou des chaudières. Il entend aller plus loin encore : nous allons donc y travailler ! Tout cela, à savoir l’accompagnement social de la transition écologique, sortira du grand débat. Une chaudière à 1 euro, cela ne peut pas être pour tous les Français, évidemment ! Une telle mesure ne peut bénéficier à un Français qui gagne 10 000 euros par mois, mais, par exemple, à des retraités qui, comme ceux que j’ai rencontrés en Seine-et-Marne début janvier, touchent à eux deux 2 000 euros de retraite mensuelle. Eux voient leur chaudière au fioul être remplacée par une pompe à chaleur électrique. « Pour nous », m’ont-ils dit, « cette mesure est concrète : elle représentera de 1 000 à 1 500 euros d’économie sur la facture annuelle d’énergie, et nous permettra ainsi de partir en vacances. » (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM. – M. Vincent Bru applaudit aussi.)

  • 2. Débat sur la transition écologique (Deuxième séance du mardi 02 avril 2019)

    Suspension et reprise de la séance

    Une remarque générale, d’abord : vous avez parlé, madame la députée, d’« écologie positive et responsable » ; nous nous reconnaissons entièrement dans cette vision des choses. Il ne s’agit pas d’un slogan ni d’une affirmation gratuite, mais de faire en sorte qu’économie et écologie marchent main dans la main, comme l’ont dit Jean-Charles Colas-Roy et Célia de Lavergne, et comme je l’ai moi-même évoqué dès ma nomination.

    Cela implique l’existence de filières industrielles, agricoles, économiques qui utilisent nos potentialités, lesquelles sont significatives. Plutôt que d’importer du pétrole ou du gaz, ce qui représente une facture annuelle de 50 à 70 milliards d’euros – de déficit commercial, en l’absence de toute production nationale –, nous avons tout intérêt à développer de façon diversifiée toutes les possibilités énergétiques qui s’offrent à nous localement, made in France, en métropole comme outre-mer.

    Concrètement, il s’agit, vous le savez, de l’éolien, du solaire, de la filière bois – bois énergie, bois construction. Nous avons beaucoup de progrès à faire, car notre potentiel est sous-employé. Il s’agit aussi de la géothermie, de la biomasse et des agrocarburants.

    Concernant ces derniers, nous avons déjà une filière en France et – peut-être le savez-vous – un programme de recherche et développement lancé il y a une dizaine d’années va aboutir l’an prochain à l’implantation d’une usine de production d’agrocarburants de deuxième génération dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

    Bien sûr, il y aura pour cela un cadre fiscal. Il est aujourd’hui favorable ; du reste, les choses ne se feraient pas sans avantage fiscal. Nous maintiendrons le cadre légal et fiscal nécessaire pour que la filière puisse continuer d’exister et de se développer en France et en Europe.

  • 2. Débat sur la transition écologique (Deuxième séance du mardi 02 avril 2019)

    Suspension et reprise de la séance

    Merci pour votre question précise, monsieur le député, qui permet d’aborder un sujet concret, question à travers laquelle on voit bien que la transition écologique est possible mais qu’elle ne se décrète pas d’un coup de baguette magique. Elle doit en outre, vous l’avez souligné, préserver les activités économiques. Ces derniers mois, en particulier à l’occasion du mouvement des gilets jaunes, on a beaucoup entendu : « Haro sur le transport maritime ! » Il ne serait pas taxé, dit-on, un cargo polluerait plus que toutes les voitures de France – on a entendu des chiffres fantaisistes. Reste qu’il y a un vrai problème : les différentes émissions de polluants liées, notamment, à l’utilisation du fioul lourd. On en voit les effets quand un navire fait naufrage, comme ce fut le cas récemment avec le Grande America.

    Au niveau européen, nous avons déjà restreint l’utilisation du fioul lourd – qui n’est plus autorisé dans la Manche au profit du gazoil qui a le mérite de polluer un peu moins. Nous voulons favoriser l’utilisation du gaz naturel liquéfié. Une compagnie maritime internationale française, que vous connaissez bien à Marseille puisqu’il s’agit de la compagnie maritime d’affrètement-Compagnie générale maritime – CGA-CGM –, a commandé de très gros porte-conteneurs utilisant le gaz naturel liquéfié qui est vraiment un carburant propre. On imagine pour un futur un peu plus lointain – dix ans peut-être – que l’hydrogène pourrait être un carburant de propulsion pour les navires de grande capacité – paquebots comme cargos.

    Vous avez également évoqué l’électrification des ports, si je puis dire, et la nécessité que les bateaux à quai puissent se brancher à un système électrique plutôt que de faire tourner leurs moteurs pour produire de l’électricité et ainsi polluer l’air – c’est la première source de pollution de l’air à Marseille.

    Nous voulons par ailleurs que soit établie, au niveau européen, une zone de contrôle des émissions en mer Méditerranée d’ici à 2022.

  • 2. Débat sur la transition écologique (Deuxième séance du mardi 02 avril 2019)

    Suspension et reprise de la séance

    C’est faux !